Interview de Xavier Roy

Xavier Roy est un préparateur physique québécois qui travaille avec des équipes collégiales de Football canadien et des athlètes de sports collectifs et individuels en personal training. Il est le propriétaire du blog XRPerformance.net

Suite à la demande particulière et pertinente d’un étudiant du Certificat de Compétences de Préparateur Physique pour Sportifs de Haut-Niveau du CREPS de Montpellier (où j’interviens cette année) au sujet du Physical Competency Assessment de Kelvin Giles, j’ai décidé d’interviewer Xavier à ce sujet, sachant qu’il utilise cette batterie de tests depuis sa participation aux 2 dernières éditions de la conférence GAIN (Gambetta Athletic Improvement Network) organisée par le célèbre Vern Gambetta à Houston (U.S.A.)

Première partie de l’interview :

– Introduction

– Présentation de Xavier (2’10)

– Présentation du blog XRPerformance (4’04)

– Les différences entre le Football canadien et le Football américain (5’05)

Deuxième partie de l’interview :

– Les priorités de Xavier dans l’entraînement du jeune athlète

– Le Physical Competency Assessment : description et utilisation (8’30)

Fred Marcérou – 12/01/2015

Interview de Keegan Smith (version française)

La première interview mise en ligne sur ce blog mettait en lumière Keegan Smith qui était à l’époque le préparateur physique des Dragons Catalans. Son succès avec les Sydney Roosters lors de la saison 2013 de NRL et son ascension dans le milieu de la préparation physique m’ont poussé à dépoussiérer l’article et à le traduire en français. Même si ses systèmes d’entraînement ont évolué, l’interview était plutôt axée sur sa philosophie, qui elle, n’a pas changé.

Interview originale ici

L’année 2011 fut sans nul doute un important tournant dans ma carrière professionnelle, elle fut marquée par des rencontres qui auront fait évoluer ma vision de l’entrainement, et dont mes athlètes tirent tous les bénéfices à l’heure actuelle. Parmi les personnes qui ont influencé positivement mon approche de la préparation physique, nul doute que Keegan Smith tient une grande place.

Je trouve toujours très intéressant de discuter avec lui de ses inspirations, ses lectures, la nutrition et plus globalement sa vision du Lifestyle (mode de vie me parait être une traduction honnête). J’apprécie aussi les semaines passées à son invitation au sein du staff des Dragons Catalans afin d’assister aux entraînements d’athlètes de niveau international tels que Steve Menzies, Leon Pryce, Rémi Casty ou David Ferriol. Enfin, j’apprécie partager un entraînement en sa compagnie dans la salle de musculation du stade Gilbert Brutus, ou comme dernièrement au centre d’entraînement d’haltérophilie de Clermont-l’Hérault.

A mon humble avis Keegan est une personne compétente, passionnée et dont la philosophie de vie exerce une influence positive sur chaque personne qui croise sa route.

Fred : Bonjour Keegan, parle nous de toi : Qui es-tu ? Quel est ton travail ? Quels sont tes objectifs ?

Keegan : Je m’appelle Keegan Smith. Je viens de Wollongong en Australie et cela fait bientôt deux ans que je vis en France. Je suis intéressé par le sport et la santé depuis toujours, ces passions m’ont amené à travailler comme préparateur physique chez les Dragons Catalans en Super League.

Dans mon travail je cherche à améliorer la santé et le style de vie qui sont pour moi les bases de l’amélioration de la capacité de récupération et de la qualité d’entraînement. Si nous arrivons à faire cela, les résultats suivront sur le terrain.

F : Pourquoi avoir mis en ligne le blog KeeganSH.com ?

K : KeeganSH.com est venu d’une frustration, celle de voir la mauvaise qualité de la santé et les faibles connaissances sur l’entrainement de la population générale et du pratiquant de musculation moyen. Le but est d’informer les gens sur les méthodes qui marchent pour moi et mes athlètes, et qui sont le résultats de centaines d’heures de recherches personnelles, d’entraînement et d’études.

F : Peux-tu expliquer pourquoi la nutrition est-elle si importante pour les athlètes ?

K : La nutrition détermine de quoi ton corps est composé et avec quelle configuration hormonale tu fonctionnes. Avec de mauvaises habitudes alimentaires, j’étais incapable de progresser dans la salle de musculation et j’avais de nombreux problèmes de santé.

Pour moi le paradigme de base que nous devons considérer vis-à-vis de la santé est d’où venons-nous et de quoi sommes nous censés vivre ?

Quand on considère que 90% de la nourriture moderne n’est pas adaptée à la consommation humaine, les méthodes de production modernes et la médecine font que la nutrition est devenue plus importante pour la race humaine que pour n’importe quelle autre espèce à n’importe quelle période.

Les compléments alimentaires sont devenus un bon moyen de combattre un environnement toxique où la densité en nutriments de la nourriture décroit. Si tu vis dans une ferme ou dans la jungle tu es en capacité de nourrir ton corps optimalement avec de la nourriture naturelle, mais pour ceux qui comme nous vivent dans le stress quotidien et s’entraînent dur, la supplémentation est le seul moyen pour acquérir des résultats optimaux.

F : Où trouves-tu l’inspiration dans ton travail ?

K : J’ai toujours été motivé pour m’améliorer personnellement, je pense que c’est pour cela que j’aime autant la musculation. Nous devons nous entraîner dur et intelligemment sur une longue période pour pouvoir avoir de bons résultats. En tant qu’entraîneur, je crois que l’exemple que je donne et les performances que j’arrive à atteindre sont des facteurs importants dans l’engagement des joueurs que j’entraîne et leurs améliorations.

Parcourir le monde en voyant l’injustice et la souffrance qui existent et qui résultent du paradigme dominant de notre époque est aussi mon inspiration pour encourager une nouvelle façon de penser et donc d’être.

Voir des gars atteindre de nouveaux niveaux de performances et adopter des croyances et un style de vie plus productifs et aussi une inspiration pour continuer à suivre ma voie actuelle.

FM Strength remercie Keegan pour sa contribution au blog,

Pour suivre l’évolution de sa pensée et en savoir plus sur sa façon d’envisager la performance, je vous invite à lire la récente interview de Nick Crocker à son sujet ici.

Fred Marcérou – 08/11/2013

Anthony Baptiste : « Aujourd’hui, tout le monde peut se dire préparateur physique »

Fred : Bonjour Anthony, peux-tu nous parler de toi : Qui es-tu ? D’ou viens-tu ?

Anthony : Bonjour Fred, tout d’abord je te remercie beaucoup pour cette interview en espérant être à la hauteur de nos deux premiers confrères. Je m’appelle Anthony Baptiste et je suis préparateur physique/coach perso sur Perpignan. Je suis né à  Prades, un petit village situé à 42km de Perpignan où vit toute ma famille.

F : Quel est ton parcours sportif ?

A : Pré-adolescent j’ai pratiqué une multitude de sports (rugby, judo, tennis, etc.) mais un seul a réussi à capter mon attention : le Karate-Do. Animateur fédéral, ceinture noire en cadet, 6 ans de haut niveau, un titre national et une finale au Championnat du monde en équipe technique au Nippon Budokan de Tokyo.

Groupe France finaliste au 3ème Championnat du Monde de Karate Do Shito Ryu (Tokyo, 2000)

A 21 ans je décide de partir de ma ville natale pour rejoindre les combattants professionnels de Perpignan. Le droit d’entrée en a refroidi plus d’un, « deux semaines en enfer » nous attendaient ! Beaucoup sont venus… très peu sont restés ! A la base j’étais un sparring partner qui se débrouillait bien à qui on a proposé quelques combats qui se sont bien déroulés dans l’ensemble. Ce monde m’a permis de voyager (Russie, Japon, Angleterre, USA, République Tchèque) et de faire des rencontres magnifiques comme les frères Riccio, les frères Schiavo et bien d’autres… je leur dois énormément car ils ont vraiment apporté du sens à ma vie et m’ont appris à avoir plus confiance en moi.

Au Furious Fighting Championship avec Samy Schiavo & Matthias Riccio (Rosas, 2008)

F : Des hobbies ?

A : Les échecs, la lecture (criminologie, roman initiatique…), les cours de magie, le dessin, la peinture, la danse (salsa et bachata) et dernièrement le Stand Up Paddle… énorme !!!

F : Raconte nous comment tu es venu à la préparation physique ? Quel chemin as-tu emprunté pour te former ? Des stages ?

A : Je distingue 3 évènements majeurs qui m’ont poussé à m’intéresser à la préparation physique :

– Un article sur Karate bushido de Dominique Paris, quand Oscar de la Hoya fut élu « meilleur boxeur de la planète » en 96, sur les différents types de forces et comment les travailler… j’avais adoré l’article et bien évidement acheté son livre.

– Ma rencontre avec Thierry Roudil lors de mon DIF, son cours de préparation physique fut pour moi le déclic…

– La rencontre d’un préparateur physique de Perpignan, Pierre Bedat, qui m’a vraiment bien conseillé et guidé. Je suis toujours en contact avec lui et admiratif car il est vraiment « calé » et passionné.

J’ai donc entrepris en 2004 la formation au Diplôme de Préparateur Physique de Sportifs de Haut Niveau au CREPS de Montpellier, dirigée par Bruno Parietti à qui je dis un grand merci car à cette époque je n’avais aucun diplôme sportif, même si je possédais déjà une bonne bibliothèque et une petite expérience en la matière. Ses écrits sur les différents types de forces et la méthodologie de la musculation m’ont beaucoup aidé.

Depuis je suis certifié Préparateur Physique de Sportifs de Haut Niveau, professeur de musculation diplômé (BPJEPS AGFF mention Force), j’ai le tronc commun du BEES 1er degré, je suis instructeur en Karate-Do et Pancrace et j’ai validé dernièrement mon CrossFit Level 1 trainer à Madrid… et ce n’est que le commencement !

Crossfit Level 1 Trainer, au Mundo Crossfit  (Madrid, 2012)

Pour les stages, je n’en ai fait aucun. Celui que j’aurais dû faire dans un lieu connu à Perpignan pour ma formation PPSHN est tombé à l’eau alors que tout semblait ok. J’ai donc entrepris une formation seul, par la méthode la plus simple du monde : celle des essais et des erreurs.

F : Que penses-tu de ce milieu que tu as intégré ?

A : Préparateur physique est un nouveau métier qui n’est pas référencé, aujourd’hui tout le monde peut se dire préparateur physique. Malgré cela, ce milieu reste très fermé. Le marketing y occupe une grande place, savoir se vendre est très important, c’est un marché fleurissant où des opportunistes cherchent leur part du gâteau, ça devient donc du grand n’importe quoi, il n’y a plus de passion et ça me rend triste.

Heureusement il existe une poignée de personnes qui sont là pour honorer ce métier, j’ai dans mes amis des préparateurs physiques passionnés et très compétents comme Benjamin Galy, Bastien Bouyeron, Rémi Fontana, Seb Hardouin, Alexis Marigny, Vincent Issartel et Fred Marcérou. Cette profession m’a amené à rencontrer avec grand plaisir d’autres passionnés comme Emmanuel Legeard, Yohann Gigord ou Keegan Smith.

F : Parle nous de ton association, la G.T.T…

A : La G.T.T. est une association à but non lucratif créée en 2008 pour aider les jeunes, en particulier ceux de la communauté gitane, en leur apportant certaines valeurs essentielles (équilibre, tranquillité, respect, etc.) au travers d’une pratique sportive intensive. Elle est née grâce au mouvement CrossFit car les salles des alentours n’acceptaient pas que l’on s’entraîne ainsi. Nous avons donc démarré dans le garage de 9m² de mon oncle…

Le nom Gitan Top Team est un gros clin d’œil aux équipes de MMA comme l’American Top Team, la Russian Top Team, etc. C’est une lutte entre  « l’être et le paraître » : pas de machines, pas de miroirs, pas de ceintures, pas de sangles, pas de gants. Seuls sont autorisés la magnésie, serrer les dents et les bouteilles d’eau ! C’est aussi en parallèle un laboratoire personnel de torture où j’expérimente certains protocoles d’entrainement moderne. C’est un peu mon « Indigo Project » (rires). Le noyau principal de la G.T.T. reste mon oncle Hubert le président, mon cousin Jérôme le vice-président, et moi-même.

F : …et des athlètes que tu entraînes…

A : Mon cousin Jérôme a démarré à 88kg. Le travail fut long mais a payé, en moins de 10 mois il est tombé à 77kg avant de se stabiliser à 84kg. Une transformation significative, un gain de confiance en soi, des perfs de comptoir : 160kg au Bench, 212kg au SDT, Muscle up lesté a 15kg, 140kg en squat profond…

Les entraînements restent basés essentiellement sur du Westside modifié, auquel j’inclus des circuits à haute intensité de type CrossFit, des Finisher complexes (barre, haltères, kettlebell, travail à poids de corps, etc.), du conditioning au prowler ou du sprint.

Séance « Insider contrast » (contraste dans la répétition) au bench : 10X3 à 130kg r=60 sec (High Sets Low Reps)

Le boxeur Camille Gentelet est un autre exemple. Champion d’Europe WKN K-1 des -82,100kg, je le prépare depuis 3 ans maintenant, il est devenu plus qu’un ami, un frère. J’ai cherché à optimiser son poids de forme en plus d’un travail d’équilibre, de chaîne postérieure, et une augmentation des performances transférables. Dernièrement pour son Championnat d’Europe on a beaucoup insisté sur le train inférieur : travail de pied, de déplacement, de « core training » pour éviter les déformations de segments, favoriser les transferts, et un gros travail de puissance sous toutes ses formes. Il est important d’aller à l’essentiel, en phase de combat pas de temps à perdre, on doit récolter les fruits que l’on a semé pour arriver au pic de forme le jour « J », et c’est ce qui s’est passé…

Ici en travail d’intégration dynamique de proprioception (PTT, muscles profonds de la hanche)

Pour anecdote Camille avait déjà un préparateur physique qui, 2 semaines avant un combat, lui faisait faire des séances exclusivement en piscine. Le jour du combat il me dit :

– « Antho, je me sens pas explosif, pas vif, je me sens mou ! »

Je lui ai répondu :

– « Ok Camille, tu es un nageur ou un boxeur ? »

– « Un boxeur ! »

– « On est d’accord… viens avec moi »

Et l’aventure a démarré…

Dans cette anecdote je ne veux pas mettre en avant la bourde de son ancien préparateur physique car il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas. Je pense qu’il faut juste rester simple et trouver l’efficacité avec un travail qui va directement à l’essentiel.

J’ai eu aussi le jeune Hakim Hamech, boxeur talentueux de 17 ans, futur grand nom de la boxe au niveau international. A son âge il a tout raflé : 45 victoires en 45 combats, il est champion du monde junior. Son père a un club, le Urban Multi Boxe à Perpignan, qui aide beaucoup et s’implique pour les jeunes en difficulté. Avec Hakim nous avons beaucoup travaillé sur l’apprentissage du 2e tirage en haltérophilie car je voulais vraiment insister sur la coordination et la synchronisation du haut du corps, il possède déjà de très bons appuis au sol.

Le jeune Kevin LLorens, 17ans, est aussi un grand talent. Il est champion de France junior de Kick-Boxing. De par sa grande taille et sa jeunesse, j’ai remarqué une grosse faiblesse des membres inférieurs, donc nous avons insisté sur la base, le fondement d’un bon socle : Air Squat avec évolution des exercices (Squat bulgare, SDT, SDT unilatéral) en incluant l’apprentissage de l’haltérophilie et de ses dérivés.

Je me suis spécialisé dans les arts martiaux et sports de combats, car en plus d’être mon sport de prédilection, cela fait partie de moi et je les combine bien avec la préparation physique. Mais ces derniers temps je me suis ouvert au rugby, un monde assez fermé en plus d’être inconnu pour moi.

Ma première intervention a eu pour cadre le club de rugby à XIII des Diablos du Soler qui évoluent en division Fédérale. Manu Bansept (NDLR: ex-champion de France Elite avec Pia et Lézignan, international français) et Christophe Rachème m’ont donné carte blanche pour essayer d’apporter des éléments de lutte dans leur discipline en combinant avec une méthodologie type Metcon (death, interval, Tabata, etc).  J’ai mis au point quelques séances de conditioning très sympathiques et les retours ont été bons, les coachs et les joueurs étaient très contents, c’est le principal.

Cette expérience m’a ouvert la porte du club de Baho XIII dont Nicolas Barthe est le préparateur physique. Ici aussi de la lutte combinée, des petits circuits training, et techniques peaufinées pour l’amélioration des plaquages, des sorties de balle dans la mêlée, pour se relever plus vite, etc.

J’ai eu dernièrement une proposition de mes amis Stéphane Bonnet (ex-international, Entraineur 3 de Rugby à XIII) et Eric Navarro pour une journée consacrée à la préparation physique et à la musculation intégrée pour l’équipe U16 de l’E.S.R. (Saint-Estève).

Ici avec Stéphane, détails, consignes et introduction aux mouvements de « Strongman »

Il y a aussi un ami que j’ai préparé pendant tout l’été 2010, pour des tests physiques d’entrée dans un service de police d’Elite. Je ne peux pas en dire plus, juste que tout s’est très bien passé pour lui…

Et enfin tous les jeunes que j’ai oublié (je m’en excuse d’avance) et dont je me suis occupé : Jaouad, Samy, Khourigba… et tout les autres : Damien Riccio, Medhi Berisha, Mohamed El Aouiji, Fafa.. qui en plus d’être des champions (Europe, France) sont dans la vie des jeunes respectueux, et pour moi un champion ça démarre par là, c’est la base.

F : Justement, en ce qui concerne ta pratique sportive, où t’entraînes-tu ?

A : Je m’entraîne dans un club de Jiu-Jitsu brésilien, Grappling & MMA, le BJJ Bages sous la direction de mon ami et professeur Matteo (ceinture violette 4ème degré), une personne extrêmement compétente, discrète, dont je dois prochainement m’occuper pour préparer les pré-qualifications ADCC. Nous sommes un bon petit groupe et on s’entend très bien.

F : En tant qu’entraîneur, peut-on en savoir plus sur ta façon de travailler ?

A : Ma façon de travailler est très simple, j’aime à dire que je suis un « chesteur » (chercheur-testeur). Je recherche et teste les séances d’auteurs qui m’inspirent (Dave Tate, Jim Wendler, Jim Smith, etc.) ou des séances réalisées par l’ignoble Ludo Gavira… Qu’est-ce qu’on en a testé, modifié, réajusté des séances produites par ses soins ! Elles sont vraiment au top. Ou alors de séances que je mets en place lorsque je conçois de nouveaux protocoles.

Pour mes athlètes je décortique la puissance sous toutes ses formes : je travaille avec l’haltérophilie et ses dérivés (l’engagement de la chaîne postérieure en extension), avec les mouvements de bases du powerlifting (renforcement de la chaîne postérieure et stabilisation sur tous les plans anatomiques), avec le strongman (mouvement sous tension), les mouvements balistiques (pour la projection d’énergie), et la plyométrie (pour le travail de réflexe du muscle). Tout ceci pour essayer d’exprimer l’acte du mouvement sportif dans toute sa composante afin d’obtenir l’optimisation de  la performance.

Strongman : Atlas stone 173lbs

Au-delà de cela j’accorde beaucoup d’importance à l’intégrité physique, j’observe beaucoup pour prendre un maximum d’informations  sur les déséquilibres musculaires par exemple. Si les muscles qui agissent sur une articulation sont déséquilibrés, cela augmente le risque de blessure. Savoir donc quels muscles sont trop faibles permet de choisir les protocoles, les exercices qui vont certes améliorer la performance, mais aussi diminuer les risques de blessures. Je trouve aussi très important de savoir ce que l’athlète endure lors d’une séance pour pouvoir réajuster un paramètre si besoin… Donc l’expérience, le vécu, sont vraiment essentiels dans notre travail pour éviter des stress trop importants ou le surentraînement.

Dans le corps de séance, généralement et basiquement je travaille en méthode conjuguée. J’aime beaucoup, c’est une structure de séance que beaucoup d’auteurs ont testé et gardé dans leur carnet d’entrainement car approuvée par les plus grands coachs et les plus grand athlètes.  Après, on ne juge pas un préparateur physique à la séance qu’il propose car c’est trop facile de « descendre » quelqu’un, mais celui qui arrive à créer des modifications, des adaptations sans trop perturber la physiologie de la personne, lui, il est dans le vrai, et cette finesse nécessite une connaissance, une entente parfaite avec l’athlète et non pas de copier/coller une séance venue tout droit de je ne sais quel magazine.

De ma petite expérience : «Il vaut mieux un athlète sous-entraîné en forme, qu’un athlète sur-entraîné fatigué ! »

FM Strength remercie Anthony Baptiste pour sa disponibilité, vous pouvez le retrouver sur Perpignan et ses alentours pour une préparation physique de haut niveau.

A SUIVRE…

Fred Marcérou – 02/10/2012.

Yohann Gigord : « Le Crossfit m’a mis une grande claque »

Vous rêvez de rencontrer le prototype de l’athlète complet ?

Deux choix s’offrent à vous : vous payer un billet d’avion direction la Nouvelle-Zélande et la province du Waikato où vous pourrez admirer Sonny Bill Williams s’infiltrer avec classe et puissance dans les hermétiques défenses du Super 15, ou aller faire un tour du côté de la box KultureFit – CrossFit Toulouse… Vous y trouverez certainement un garçon dénommé Yohann arracher une barre de 90kg après avoir effectué une dizaine de « Double Unders », ou exécuter un parfait « Turkish Get Up » avec une demoiselle à bout de bras… tout un programme !

Votre choix sera certainement motivé par votre budget, mais si vous êtes fan de performance athlétique, vous ne serez pas déçu par les deux propositions ci-dessus.

Yohann fut mon coéquipier en équipe de France Universitaire de rugby à XIII lors de la Coupe d’Europe  2007 en Angleterre et lors de la Coupe du Monde 2008 en Australie, où une malheureuse fracture de la mâchoire lors du premier match contre la Nouvelle-Zélande le priva du reste de la compétition. Garçon plutôt discret, il faisait l’admiration du groupe par son sérieux et sa rigueur inébranlables.

Sa récente qualification pour les Regionals Europe de Crossfit, m’a poussé à en savoir plus sur sa nouvelle passion… Attention machine !!!

Fred : Bonjour Yohann, peux-tu te présenter en quelques lignes : Qui es-tu ? Ton parcours sportif ? Professionnel ? Tes hobbies ?

Yohann : J’ai 23 ans, je joue au rugby à XIII depuis une quinzaine d’années et je suis préparateur physique.

J’ai commencé le rugby à XIII dans différents clubs de la région toulousaine avant de rejoindre le Toulouse Olympique XIII en cadets et jusqu’à aujourd’hui (en passant par Saint-Gaudens en Elite 1 pendant deux saisons dans le cadre de l’entente avec le TO XIII). J’ai également joué avec les sélections nationales en cadets, juniors et universitaires.

En ce qui concerne mon parcours professionnel, j’ai obtenu en 2011 un Master 2 Préparation à la Performance, Entrainement et Prévention (PPEP), à l’Université Paul Sabatier de Toulouse. J’ai également un BEES 2ème degré en rugby à XIII, le « Level 1 Trainer » en Crossfit, un diplôme d’initiateur en haltérophilie et un de descente de canyon (pas de rapport avec mon activité professionnelle pour ce diplôme !).

En parallèle de mes études j’ai d’abord entrainé l’équipe féminine de Toulouse Ovalie avec un titre de Championnes de France à la clé, ainsi que l’équipe cadets du TO XIII. J’ai ensuite effectué un stage au Pôle France de rugby à XIII lors de ma dernière année d’étude. Aujourd’hui je travaille toujours dans ce Pôle France ainsi qu’à KultureFit-Crossfit Toulouse, une salle de Crossfit et de préparation physique qui a ouvert en janvier dernier.

Je suis un passionné de préparation physique et c’est dans cette optique que je me suis mis à pratiquer également l’haltérophilie (niveau interrégional) et le Crossfit (niveau européen). Sinon depuis janvier je suis l’alimentation paléo sous les conseils de Keegan Smith, préparateur physique des Dragons Catalans, avec d’excellents résultats.

F : A ce sujet, peux-tu nous raconter ta récente expérience aux « Regionals Europe » de Crossfit au Danemark ?

Y : C’était une expérience extraordinaire, une organisation de malade, une ambiance de fou, des épreuves énormes et un super état d’esprit de l’ensemble de la communauté Crossfit européenne présente à Copenhague. En bref, une des expériences sportives les plus intenses et les plus enrichissantes de toute ma vie. Ce qui m’a le plus marqué c’est le fait que dans ce sport on se batte surtout contre soi-même pour dépasser ses limites et non contre ses adversaires, il existe une réelle fraternité entre les compétiteurs que je n’avais jamais vu auparavant dans aucun des sports que j’ai pratiqué.
En terme de performance, je suis plutôt satisfait de moi pour cette première expérience où je partais un peu dans l’inconnu. J’ai battu mes records sur trois des cinq épreuves auxquelles j’ai participé, je suis passé tout près d’une belle performance dans la cinquième épreuve (échec à 215 pounds à l’arraché, soit 97.7 kg) qui aurait pu me classer dans le top 10 de l’épreuve) ; et sans une grosse défaillance lors de l’Event 4, j’aurais sans doute pu jouer une place dans les 18 premiers pour participer à la dernière épreuve. Au final, je me classe 25ème européen et j’ai emmagasiné pas mal d’expérience et de motivation pour essayer de revenir plus fort l’année prochaine.

En tant que spectateur j’ai également assisté à une super compétition avec des performances impressionnantes, des revirements de situation, bref un bel évènement sportif.

F : Comment as-tu découvert cette nouvelle discipline ? Qu’est-ce qui t’a attiré ?

Y : Par hasard, en surfant sur internet si je me souviens bien, j’ai eu du mal à comprendre le principe au début. Puis j’ai testé ce style d’entrainement et j’ai pris une grande claque dans la gueule ! J’ai assez rapidement pris goût aux sensations que procurent le Crossfit, même si dans un premier temps j’ai surtout utilisé ce type de travail comme forme de « conditioning » pour le rugby, en excluant pas mal de mouvements techniques qui avaient peu d’intérêt pour cet objectif. En septembre dernier je me suis fixé comme objectif de me préparer pour tenter de me qualifier pour les Regionals, j’ai donc changé mon approche de l’entrainement en me préparant pour le sport « Crossfit » plutôt qu’en utilisant la méthode de préparation physique générale qui sont deux choses complétement différentes.
Ce qui m’a attiré dans ce sport c’est déjà qu’il correspondait bien à mes qualités physiques ; c’est à dire une certaine polyvalence et un équilibre entre force et endurance. C’est surtout l’aspect fun et ludique qui est assez addictif, ainsi que le fait d’innover pour créer sans cesse de nouvelles formes d’entrainement. S’entraîner pour ce sport demande de l’humilité car avec la palette de mouvements qu’il faut maîtriser, il y a en a forcément un certain nombre où l’on est vraiment mauvais, et c’est sur ceux là que l’on doit se focaliser en priorité.

F : Quel est ton rythme d’entrainement ? Ne fais-tu que du Crossfit ? Peut-être quelques perfs de référence pour nos lecteurs ?

Y : A la question « Ne fais-tu que du Crossfit ? », il est difficile de répondre. En effet, on associe souvent exclusivement le Crossfit aux circuits exécutés à haute intensité alors qu’une séance d’haltérophilie ou de force est, selon moi, aussi du Crossfit. Si l’on s’en tient à cette définition alors oui, je ne fais que du Crossfit, je n’utilise que des mouvements poly-articulaires, pas de machines, le seul travail d’isolation que je fais porte sur l’arrière des épaules et les rotateurs externes à visée de prévention des blessures. Cela va bientôt faire un an que je n’ai pas fait de triceps pushdown (ndlr : extensions de bras à la poulie haute), de biceps curls, de leg curls ou encore de leg extensions… et ça va je vais bien, je ne suis pas encore mort !

Après, bien sûr que je ne m’entraîne pas exclusivement sous forme de circuits cardio. Au contraire, de septembre à décembre j’ai surtout axé mon entraînement sur la force en haltérophilie et en powerlifting, j’ai travaillé la technique des mouvements dérivés de la gymnastique, et j’ai réduit le volume de cardio-training. De janvier à février j’ai augmenté le cardio pour me préparer pour les Opens (phase qualificative pour les Regionals) en essayant de continuer à progresser en force. Après les Opens, j’ai remis le focus sur la force et mes points faibles pendant deux semaines jusqu’à l’annonce des épreuves des Regionals. Une fois les épreuves connues, j’ai essentiellement focalisé mon entraînement sur celles-ci : « Hand stand push ups », « Hang clean » à 225 pounds (102kg), Arraché un bras à 100 pounds (45kg)… Depuis le retour des Regionals, je m’entraîne pour la finale française en me focalisant surtout sur le cardio car je pense que les épreuves seront beaucoup moins lourdes qu’au Danemark.

En terme de rythme d’entrainement, je fais deux à trois séances par jour pour un volume cumulé sur la journée ne dépassant pas les 2h30-3h, trois jours d’affilée, un jour de repos et rebelote.

Mes perfs de référence :

– 100 kg à l’arraché, il y a un mois environ en compétition d’haltérophilie

– 125 kg en épaulé debout, record battu dernièrement

– Mon record en épaulé jeté (moins récent) est de 130kg

– 140kg en front squat

– 160kg en back squat

Ndlr : les connaisseurs apprécieront !

F : Utilises-tu cette méthode dans l’entrainement des jeunes rugbymen du Pôle France ?

Y : En début de saison principalement lors de la phase de PPG (ndlr : Préparation Physique Générale), avec les retours de blessure ou sous forme « d’extra », en excluant tous les mouvements techniques ainsi que les mouvements d’haltérophilie en série longue. J’ai surtout constaté d’énormes bénéfices au niveau mental chez les joueurs, ils ont gagné en confiance ainsi qu’en capacité à se dépasser.

Après, le Crossfit est un programme de préparation physique générale qui peut être utilisé, s’il est bien aménagé, pour se préparer à d’autres sports, mais il n’est en aucun cas une fin en soi, en particulier dans le cadre du très haut niveau. C’est un outil de plus dans la palette du préparateur physique qu’il faut savoir utiliser à bon escient, sans le mettre sur un piédestal – non le Crossfit ne guérit pas du cancer ! – mais sans non plus le diaboliser comme c’est souvent le cas (en se basant sur un ou deux exemples foireux).

F : Des projets ?

Y : Au niveau sportif la finale France Crossfit le 16 juin à Paris, et les Regionals Europe de l’année prochaine.

FM Strength remercie Yohann pour sa contribution au blog et lui souhaite bonne chance pour les futures échéances.

Fred Marcérou – 11/06/2012.

FM Strength with Keegan Smith

L’année 2011 fut sans nul doute un important tournant dans ma carrière professionnelle, elle fut marquée par des rencontres qui auront fait évoluer ma vision de l’entrainement, et dont mes athlètes tirent tous les bénéfices à l’heure actuelle. Parmi les personnes qui ont influencé positivement mon approche de la préparation physique, nul doute que Keegan Smith tient une grande place.

Je trouve toujours très intéressant de discuter avec lui de ses inspirations, ses lectures, la nutrition et plus gobalement sa vision du Lifestyle (mode de vie me parait être une traduction honnête). J’apprécie aussi les semaines passées à son invitation au sein du staff des Dragons Catalans afin d’assister aux entraînements d’athlètes de niveau international tels que Steve Menzies, Leon Pryce, Rémi Casty ou David Ferriol. Enfin, j’aime m’entraîner en sa compagnie dans la salle de musculation du stade Gilbert Brutus, ou comme dernièrement au centre d’entraînement d’haltérophilie de Clermont-l’Hérault.

A mon humble avis Keegan est une personne compétente, passionnée et dont la philosophie de vie exerce une influence positive sur chaque personne qui croise sa route.

Fred : Hello Keegan, can you speak about you : Who are you ? Your job ? Your objective(s) ?

Keegan : My name is Keegan Smith. I’m from Wollongong, Australia and I’ve been living in France for almost 2 years. I’ve been interested in sport and health all my life, a journey which has brought me to work as the strength and conditioning coach for the Catalans Dragons in the European Super League.

My passion is for improving health and lifestyle as the base for improved recovery capacity and training quality. If we can do that then results will improve on the field !

F : Why KeeganSH.com ?

K : KeeganSH.com came out of frustration at the poor quality of health and training knowledge among the general population and the average gym goer. The goal is to inform people of the methods that are working for me and my athletes as a result of thousands of hours of ongoing research, training and education.

F : Can you explain why nutrition is so important for an athlete ?

K : Nutrition has determined what materials your body is made from and what hormonal configuration you’re operating under. With poor nutrition habits I was unable to make gains in the gym and experienced many health problems.

For me the basic paradigm that we must consider in relation to health is where do we come from and what are we designed to live off ?

When you consider this 90% of modern foods are automatically ruled unfit for human consumption. Modern farming methods and medicine have made nutrition more important for the human race than for any other species in any time.

Supplements are becoming a must to help deal with a toxic world where the nutrient density of foods is declining. If you live on a farm or in the jungle you may be able ot optimally nourish your body with natures foods but for those of us living in the rat race and training hard supplementation is the only way to achieve optimal results.

F : Where do you find inspiration in your job ?

K : I’ve always been inspired by personal improvement. I think that is why I enjoy weight training so much. You must work hard and smart for long periods of time to get good results. As a coach I believe that the example I set and the performance levels I reach are important factors in the commitment and improvement in the players around me.

Travelling the world and seeing the injustice and needless suffering that exists as a result of the dominant paradigms of today is also my inspiration for encouraging a new way of thinking and therefore being.

Seeing guys reach new levels of performance and adopt more productive beliefs and lifestyles is also an inspiration to continue to follow my current path.

FM Strength remercie Keegan pour sa contribution au blog,

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Fred Marcérou – 29/05/2012.