Interview pour la Région Languedoc-Roussillon

Dans cette interview du mois de juillet 2014, j’explique les particularités de la discipline dans laquelle je travaille : le Rugby à XIII.

Fred Marcérou – 23/12/2014

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L’heure du bilan : saison 2012-2013

Les phases finales terminées, l’heure est au bilan pour cette saison 2012/2013. Les équipes de jeunes avec lesquelles j’ai eu la chance d’intervenir ont rapporté 2 titres de Champion de France, 1 Coupe de France et 4 joueurs ont été internationaux. Au total : 52 victoires pour 65 matches joués (80%). Concernant la préparation physique personnalisée, deux des athlètes que j’ai préparé individuellement ont joué la finale de la Coupe de France de Rugby à XIII.

Pôle Formation des Dragons Catalans

Pôle formation

Rôle : Préparateur physique

Effectif : 15 joueurs issus des équipes U16 du XIII Catalan (12 joueurs) et de Saint-Estève (3 joueurs)

Bilan :

– 1 titre de Champion de France (XIII Catalan)

– 1 titre de Champion de la ligue Languedoc-Roussillon (XIII Catalan)

– 1 demi-finale de Coupe de France (XIII Catalan)

– 7 joueurs Champions de France inter-ligues avec la sélection du Languedoc-Roussillon

– 10 joueurs dans les 40 pré-sélectionnés de l’équipe de France U16

– 4 internationaux U16

– XIII Catalan : 29 matches – 22 victoires – 7 défaites

xiXIII Catalan cadets

Equipes U19 de Saint-Estève-XIII Catalan

(Juniors Elite et Juniors nationaux)

Juniors UTC

Rôle : Responsable de la préparation physique

Effectif : environ 45 joueurs

Bilan :

– 1 titre de Champion de France Juniors Elite

– Vainqueur de la Coupe de France Juniors

– Juniors Elite : 24 matches – 22 victoires – 2 défaites

– Juniors nationaux : 12 matches – 8 victoires – 4 défaites

Juniors championnat

Dragons Catalans

Dragons Catalans

Rôle : Responsable de la réathlétisation des joueurs blessés

Effectif : de 30 à 32 joueurs

Bilan après 18 journées :

– 4e place en Super League

– Qualifiés pour les 1/4 de finale de la Cup

– 20 matches : 12 victoires – 2 nuls – 6 défaites

Préparation physique personnalisée

Alex Doutres

Nicolas Munoz et Alexandre Doutres qui m’ont fait confiance pendant leur inter-saison ont tous les deux été finalistes de la Coupe de France de Rugby à XIII avec leur club Limoux XIII (défaite face à Avignon 38-37 malgré un trois essais d’Alex en finale)

Donato Segovia finaliste du Championnat de France DN2 de Rugby à XIII avec l’U.S. Ferrals

Simon Grandjean, deux feuilles de match en Pro D2 avec l’US Carcassonne XV

Fred Marcérou – 17/06/2013

Les Dragons de demain

La majeure partie de mon travail au sein des Dragons Catalans se situe avec les 30 joueurs qui composent le squad professionnel. Je partage ce travail avec Adam Trypas, chef de la performance arrivé lors de l’intersaison en provenance des Newcastle Knights (NRL, Australie), et Luke Swain, préparateur physique arrivé comme moi l’été dernier en provenance de l’A.S. Carcassonne avec une expérience de joueur de haut niveau (Penrith Panthers et Gold Coast Titans en NRL, Salford Reds en Super League). Je suis très satisfait de la répartition des tâches car elle me permet d’intervenir dans tous les domaines avec en priorité  la réathlétisation et la nutrition.

La deuxième partie de mon travail se situe avec les jeunes joueurs en tant que responsable de la préparation physique du Pôle formation. Au nombre de 14 et âgés de 14 à 16 ans, ces garçons évoluent dans leurs clubs respectifs toute la saison mais bénéficient de 3 créneaux d’entrainement en commun pour développer leurs qualités physiques et techniques. Ils intègrent l’équipe d’Ambition Dragons, sélection des meilleurs joueurs catalans, lors de rencontres ponctuelles contre des équipes étrangères.

Planning hebdomadaire

Lundi : musculation (1h)

Mardi : off

Mercredi  : lutte (30′ avec Luke Swain) – musculation (1h) – entrainement avec le club

Jeudi : musculation + vitesse (1h) – skills (30′ avec Steve Deakin ou Bruno Castany)

Vendredi : entrainement avec le club

Samedi ou dimanche : match

Le groupe

Charly Bey (E.S.R. Saint-Estève XIII)  – Né en 1996 – 176cm – 92kg – Pilier

Maxime Bouzair (XIII Catalan) – Né en 1996 – 178cm – 85kg – Centre / 3e ligne

Bruno Castany (XIII Catalan) – Né en 1996 – 185cm – 72kg – Demi d’ouverture / Arrière

Mathieu Galup (XIII Catalan) – Né en 1996 – 171cm – 64kg – Centre / Ailier

Maxime Garcia (XIII Catalan) – Né en 1998 – 184cm – 91kg – Pilier / 2e ligne / 3e ligne

Anthony Guerrero (XIII Catalan) – Né en 1996 – 167cm – 91kg – Pilier / 2e ligne

Julien Martinez (XIII Catalan) – Né en 1996 – 170cm – 84kg – Pilier

Bruno Mas (XIII Catalan) – Né en 1996 – 182cm – 100kg – Pilier

Jonathan Mas (XIII Catalan) – Né en 1996 – 173cm – 64kg – Talonneur / Centre

Duncan Miquel (XIII Catalan) – Né en 1996 – 172cm – 69kg – Demi de mêlée

Sébastien Nietche (XIII Catalan) – Né en 1996 – 189cm – 91kg – Centre / 2e ligne

Guillaume Poudade (XIII Catalan) – Né en 1996 – 175cm – 72kg – Centre / Ailier

Olivier Ruiz (XIII Catalan) – Né en 1996 – 185cm – 85kg – 2e ligne

Samir Tlemçani (E.S.R. Saint-Estève XIII) – Né en 1996 – 178cm – 73kg – Centre

Les objectifs de mes interventions

1/ Apprentissage technique des mouvements de musculation avec un fort volume sur les exercices de base poly-articulaires (squats, tirages, développés)

2/ Apprentissage des mouvements techniques et semi-techniques d’haltérophilie (arraché, épaulé, jeté et les mouvements qui en découlent)

3/ Mise en place de protocoles de prévention des blessures via une intégration cyclique variée (proprioception, exercices visant au rééquilibrage structurel, gainage statique, dynamique et fonctionnel…)

4/ Travail de vitesse avec comme objectif principal les changements de direction à travers l’amélioration de l’attitude (placement, coordination, deception) et du transfert de force (travail de pied, gainage, haltérophilie…)

5/ Mise en place de protocoles visant à améliorer la mobilité (foam roll, baseball roll, stick roll, étirements)

6/ Interventions visant à l’explication des protocoles d’entraînement (biomécanique de base, savoir lire un programme d’entraînement, comprendre pourquoi on travaille d’une certaine façon…)

7/ Réunions avec les parents visant à renseigner/améliorer/faire le point sur la nutrition, la récupération et le style de vie

Explication haltéroIntroduction à l’haltérophilie : pourquoi l’utilise-t-on en préparation physique et quels résultats peut-on en espérer ?

Court, moyen et long terme

En leur donnant de solides bases physiques et technico-tactiques dès la catégorie cadets, nous espérons que ces joueurs pourront à court terme faire partie des meilleurs juniors français afin d’intégrer à moyen terme l’équipe senior de l’entente Saint-Estève-XIII Catalan, véritable antichambre des Dragons, qui évolue en Elite 1 française. L’objectif majeur à long terme étant bien sûr d’amener un maximum de ces joueurs au niveau professionnel comme l’a fait avant eux Eloi Pélissier, pur produit de la formation catalane, et aujourd’hui joueur à part entière de Super League à tout juste 21 ans.

Fred Marcérou – 29/12/2012

Les interférences entre les entraînements

Aujourd’hui, Maxence Rivière, préparateur physique spécialisé dans le Rugby à XIII, nous propose de résumer l’ensemble des qualités physiques sous deux « bannières » : la Force et l’Endurance, et par la même occasion de nous renseigner sur les interférences qui peuvent avoir lieu lors d’un entraînement « simultané » de ces deux qualités physiques.

Les Interférences Entre Les Entraînements

par Maxence Rivière

Partie incontournable de l’entraînement sportif, la préparation physique a pour but principal de développer les qualités physiques des athlètes à partir d’un travail sur les différentes filières énergétiques. Suivant la discipline pratiquée, certaines qualités physiques prédominent sur d’autres, mais dans la grande majorité des cas on va chercher à développer la force et l’endurance.

La littérature scientifique nous montre par exemple qu’un travail de musculation pour des fondeurs améliore l’économie de course et le rendement musculaire. On voit donc que même dans des sports où l’endurance est prédominante, le développement de la force par un travail de musculation devient un vecteur de performance. Dans le même registre, l’exemple des sports collectifs où les actions explosives sont déterminantes, nous montre qu’il faut être fort et rapide et qu’il est nécessaire de conserver ces qualités tout au long d’un match. De fait, l’endurance devient aussi un vecteur de performance.

Si l’on résume l’ensemble des qualités physiques sous deux termes, la force et l’endurance, on voit donc que ces deux qualités physiques s’entremêlent et que dans n’importe quel sport, il devient important de les développer simultanément.

La force et l’endurance sont deux types d’efforts antagonistes : La force se développe avec des efforts courts et intenses afin de générer des adaptations nerveuses et musculaires. L’endurance se développe à partir d’efforts longs à intensité sous-maximale, ayant pour but la création d’adaptations cardiovasculaires et respiratoires.

Plusieurs études nous montrent des interférences au niveau du travail des ces qualités. En effet, le travail d’endurance altèrerait la puissance musculaire (Henessy, 1994), et l’explosivité (Dudley, 1985).

Pourquoi le travail d’une de ces qualités altère les résultats de l’autre ?

  • Entrainement de la force :

L’entraînement en musculation va jouer un rôle sur nos cellules musculaires. A l’intérieur de celles-ci se trouvent des ribosomes (composés protéiques) qui ont pour fonction de synthétiser les protéines.

L’entraînement va induire une action sur mTOR, une enzyme jouant un rôle dans le développement cellulaire et la synthèse protéique. De fait, l’entrainement de la force va stimuler notre synthèse protéique, celle-ci étant responsable du développement musculaire. Cette synthèse protéique, qui peut être aussi stimulée par la prise d’acides aminés, va avoir un effet sur P7056kinase, une protéine responsable de la prise de masse musculaire et du développement de la force. Ainsi, l’entrainement de la force en musculation, par le biais d’actions diverses des protéines et des enzymes, va stimuler notre synthèse protéique qui va activer notre prise de masse.

  • Entrainement de l’endurance :

L’entrainement de l’endurance a un rôle sur notre système cardiovasculaire et respiratoire. Au niveau de nos cellules, il augmente la fonction mitochondriale. Ces entraînements vont stimuler la biogenèse mitochondriale par l’intermédiaire d’une protéine, PGC1α.

Au cours de l’effort physique, la dégradation de l’ATP va provoquer la création d’une autre enzyme, l’AMPK (adénosine mono phosphate kinase). Cette enzyme est activée si l’intensité des exercices est suffisamment élevée (75%de VO2max). L’entraînement en endurance va donc activer l’enzyme AMPK lors d’un exercice à intensité supérieure à 75% de VO2max, qui va à son tour stimuler la protéine PGC1α qui va, elle, participer à la création de fibres « lentes » de type I (augmentation de la myoglobine). Cette protéine va activer la biogenèse mitochondriale, qui va induire un meilleur transport de l’ATP. Cela se traduit par des progrès au niveau de notre endurance.

  • Relations entre les deux qualités :

Les séances de musculation et les séances d’endurance, quelles qu’elles soient, vont avoir un effet stimulant sur leur structure ; la musculation sur le ribosome et le travail d’endurance sur la mitochondrie.

Cependant, on peut identifier un problème lors du travail de ces deux qualités. En effet, la stimulation d’AMPK (enzyme de l’endurance) fait baisser la stimulation de la protéine P7056kinase. En d’autres termes, AMPK inhibe mTOR (enzyme de la force). On remarque donc qu’il y a des interférences entre le travail d’endurance et le travail de force en ce sens que le travail de l’endurance va diminuer voire inhiber les effets du travail de force.

Nous sommes donc confrontés aux problèmes de savoir comment développer ces deux qualités simultanément, et comment organiser nos séances d’entraînement dans la journée ou dans la semaine pour avoir un effet optimal, sachant que le travail technico-tactique peut, suivant le contexte, s’apparenter à un travail d’endurance.

Les recherches nous montrent que le niveau d’activation d’AMPK revient à un état basal 3 heures après l’entraînement. Cette donnée va pouvoir orienter nos réflexions par rapport à la mise en place de l’organisation de nos séances.

Stratégies d’organisation des entraînements

Au niveau de la programmation de nos journées, on peut donc avoir plusieurs solutions :

1/ Programmer les séances de musculation ou d’endurance sans que les deux ne soient présentes dans la même journée d’entraînement. Cette solution peut poser problème dans certains contextes car elle demande d’avoir beaucoup de temps disponible.

2/ Attendre au moins 3 heures entre la séance d’endurance et la séance de musculation pour qu’AMPK revienne à un état basal afin qu’elle n’inhibe pas la stimulation de mTOR. Dans l’autre sens il faut aussi attendre au moins 3 heures, car l’addition des deux exercices va stimuler AMPK pendant la synthèse protéique et donc minimiser l’effet de cette dernière.

3/ Moduler les séances de terrain pour qu’elles ne présentent pas une intensité trop élevée dans le but de ne pas stimuler AMPK.

4/ Adopter des méthodes d’entraînement permettant une certaine association du travail de ces deux qualités physiques. En effet, on remarque que lors d’un travail d’endurance type « Giballa, course à haute intensité », la stimulation d’AMPK ne se fait que lors du 4ème exercice. De fait, on peut moduler nos blocs de travail afin d’avoir un effet optimal de notre entrainement.

La combinaison de ces deux qualités physiques est problématique en vue de l’optimisation de la performance. Cependant, on voit qu’il existe des moyens de combiner les deux afin de développer ces deux qualités dans le but d’augmenter au mieux les performances.

« Il ne suffit plus de s’entraîner dur, il faut s’entraîner intelligemment »

Maxence Rivière pour FM Strength – 26/12/2102

Bibliographie

Francaux M.- Colloque 2010, Université de Louvain

Deldique L.- Colloque 2010, Université de Louvain

Henessy, Liam C. ; Watson, Anthony W.S.- The interference effects of training for strength and endurance simultaneously. The Journal of Strength and Conditioning Research, 1994

Dudley G.A., Djamil R.- Incompatibility of endurance- and strength-training modes of exercise. Journal of Applied Physiology, 1985

Poliquin C.- http://www.charlespoliquin.com

Thompson and al – Journal of Applied Physiology, 2008

Gibala and al-  Journal of Applied Physiology, 2009

En savoir plus sur l’auteur :

Maxence est un préparateur physique diplômé de l’UFR STAPS de Toulouse (Master Entraînement Sportif) et de la Fédération Française de Rugby à XIII (B.E.E.S.). Il est actuellement préparateur physique du Pôle France de Rugby à XIII à Toulouse (CREPS Lespinet) et de l’équipe du R.C. Lescure-Arthès (Elite 1 de Rugby à XIII), après avoir travaillé pour le centre de formation du Toulouse Olympique XIII et effectué son stage de fin d’études chez les Dragons Catalans (Super League) sous la houlette de Trent Robinson et Keegan Smith.

Max

Les Dragons Catalans à l’entraînement

Quelques images de la pré-saison des Dragons Catalans version 2013.

Après avoir débuté les entraînements le 14 novembre, les internationaux français viennent de rejoindre le groupe portant le nombre de joueurs à 30 pour cette pré-saison. La Super League débutera le premier week-end de février par un déplacement sur le terrain de Hull K.R.

Mon nouveau job est excitant et très motivant !

Interview Fred Marcérou par KeeganSH.com

Les thèmes abordés dans l’interview :

– Les techniques d’intensification (pour voir le Japanese drop set dont il est question dans la vidéo, cliquez ici)

– La récupération

– La nutrition (Paleo diet, complémentation)

– L’entrainement de la force chez les jeunes

– Le squat

– La détente verticale

Fred Marcérou – 13/09/2012.